Dans le style "décadent"
Pour la tradition contre-révolutionnaire, la France a trahi sa mission historique en 1789. La décadence, cause et conséquence de ce désastre, est un thème central de son imaginaire politique. Le motif se répand dans les lettres françaises et s'épanouit dans un courant qui se réclame de Baudelaire. Jean de Palacio, professeur émérite à la Sorbonne, offre, dans La Décadence. Le mot et la chose, une passionnante tentative de cerner la grammaire et les images de ce courant...
Baudelaire. Ce grand pourvoyeur d’espérance, contempteur de la bêtise et des beaux-arts, avait élu domicile, pour reprendre le mot de Sainte-Beuve, à la pointe extrême du Kamtchatka romantique. Deux livres nous rappellent - et avec quel éclat ! - son déni de finitude. Le premier, Sous le signe de Baudelaire (1), réunit quinze essais qu’Yves Bonnefoy lui a consacrés. Il s’ouvre sur la préface de l’édition de 1954 des Fleurs du mal et se clôt avec « Baudelaire parlant à Mallarmé ». Du mol édredon de la chair des créatures de Rubens à l’intrusion du bruit dans la composition poétique (« J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres/Le bois retentissant sur le pavé des cours »). Le second livre, La Folie Baudelaire...
LA FOLIE BAUDELAIRE de Roberto Calasso, traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro
Un livre de Roberto Calasso est comme une forêt, une ville, une immense bibliothèque. On y entre avec désir et crainte – celle d’être englouti. Mais très vite, la crainte disparaît, et le désir trouve à se satisfaire au-delà de toute mesure. Jamais cependant on ne domine le lieu, jamais on ne l’embrasse d’un seul regard. On y circule, séduit, émerveillé. Dès les premières pa...