Dans le style "décadent"
Pour la tradition contre-révolutionnaire, la France a trahi sa mission historique en 1789. La décadence, cause et conséquence de ce désastre, est un thème central de son imaginaire politique. Le motif se répand dans les lettres françaises et s'épanouit dans un courant qui se réclame de Baudelaire. Jean de Palacio, professeur émérite à la Sorbonne, offre, dans La Décadence. Le mot et la chose, une passionnante tentative de cerner la grammaire et les images de ce courant...
Mettre en scène « Le Procès de Baudelaire », c’est rendre compte de l’éternel divorce entre le poète et son temps que l’auteur des « Fleurs du Mal » a si bien illustré dans « L’Albatros ». Le poète est « exilé au milieu des huées » ; c’est cette expression qui illustre le projet de mise en scène du texte de Philippe Blondeau. Le spectacle cherchera à mettre en évidence la détresse de celui qui voudrait parler à ses contemporains, parler pour ses contemporains et qui n’aboutit qu’à un soliloque désespéré. Pas de salle de tribunal, pas de confrontation publique ; c’est dans l’âme du poète que se joue le drame de sa condamnation. Il est le rejeté, l’exilé, le grand exclu...
Dans l’encens, le musc, et des coussins profonds elle chante, alanguie, offerte… On devine son corps abandonné, elle esquisse un geste… Tout est suggéré avec élégance. L’érotisme vient de ce que l’on devine entre les phrases, entre les rais de lumière, entre les pans de tissu que l’on écarte ; Sophie Balabanian, avec sa voix chaude, son corps voluptueux, nous embarque dans un voyage où l’on navigue entre le désir et l’émerveillement dans les phrases précieuses et scintillantes de Baudelaire, ses diamants noirs...
Tel qu’en écrits Charles apparaît en homme déchiré, complexe, souffrant. Les comédiens de Bleu 202 se sont plongés dans sa correspondance, ses poèmes en prose, ses "Fleurs du Mal" pour faire dialoguer avec lui-même.
LA FOLIE BAUDELAIRE de Roberto Calasso, traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro
Un livre de Roberto Calasso est comme une forêt, une ville, une immense bibliothèque. On y entre avec désir et crainte – celle d’être englouti. Mais très vite, la crainte disparaît, et le désir trouve à se satisfaire au-delà de toute mesure. Jamais cependant on ne domine le lieu, jamais on ne l’embrasse d’un seul regard. On y circule, séduit, émerveillé. Dès les premières pa...